Témoignage de Nicole

septembre 16, 2014
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Je m’appelle Nicole.
J’ai rencontré l’association Alzheimer : un autre regard grâce à ma fille, qui, d’Angleterre où elle habite a su trouver une aide pour sa mère, moi, qui ne savais plus que faire face à un mari atteint de la maladie tant redoutée d’Alzheimer. Depuis combien de mois ? combien d’années ? Je ne le sais toujours pas vraiment ; de temps en temps un souvenir d’un comportement étrange me revient, « déjà, à cette époque ? » : une conduite dangereuse et inconsciente, un café préparé à l’envers, une négation catégorique d’une action commise il y a quelques mois ou quelques jours….Puis la confirmation médicale et l’engrenage duquel on pense ne plus jamais sortir. : nous sommes 3 et seulement 3 : Lui, la Maladie et Moi. Lui est parfois conscient de ce qui lui arrive et alors semble accablé et révolté ; elle, la maladie, progresse, et moi l’aidante, je m’épuise et me désespère. C’est alors que je rencontre Janie, qui me présente ensuite à Mariane, je trouve l’écoute, la patience, l’aide pratique devant l’administration et ses méandres, la chaleur humaine et compréhensive de gens qui on vécu ce que nous traversons ; Nous ne sommes plus seuls. Le support de l’association m’a aidé à prendre les décisions les plus difficiles que j’ai eu à prendre : d’abord l’entrée dans un centre de jour à Auxilia, décision qui s’est avéré être très positive et bénéfique. Plus tard et bien plus déchirante, la décision de le mettre en Ehpad, avec le défilé de remords, de culpabilité, de remises en question de mes motivations ; J’ai pourtant eu la chance, à ce moment là, d’avoir le support et la présence de ma fille ainée. Je n’oublierai pas non plus la présence solide de ma voisine et amie qui m’a beaucoup soutenue. Dans mon village, tout le monde savait qu’il était malade, et tous étaient vigilants .

Quand Anthony est rentré en institution, il a eu un flash de compréhension qui me fait toujours très mal quand je revois son expression de ce moment là. Je l’avais abandonné. La culpabilité est lourde, mais il faut faire l’effort de la dépasser.

Pendant des mois je suis venu le voir chaque jour. Ces moments, parfois silencieux, parfois pour lui, à écouter des anecdotes de notre longue vie commune, souvent à partager des chansons : il ne parlait plus depuis longtemps, mais pouvait encore se joindre à moi pour quelques refrains. C’est durant ces visites qu’un lien de tendresse particulièrement fort s’est tissé entre nous. Moments précieux dont je me souviendrai toujours.

La connaissance de la langue anglaise m’a permis de rendre quelques services à quelques couples anglophones face à la maladie; Je suis devenue membre de l’association et je suis heureuse d’avoir été acceptée dans ce groupe. Nos interventions mensuelles sont positives pour les aidants de chaque couple.   Parfois, revenir sur certains détails est pour moi très perturbant et douloureux, pourtant je crois que ces interventions, si elles aident les anglophones, m’aident également à faire face à cet énorme vide qui a suivi la disparition de mon mari. Je me sens utile, donc je peux regarder vers l’avenir.


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