Dans un article du 12 mars dernier, Nastasia Montel , journaliste responsable de la rubrique « Santé » sur l’Internaute , après avoir travaillé à Santé Magazine, nous fait part d’une étude menée par des chercheurs de l’université de Californie à San Diego; voici son article:
« Jusqu’à 25 ans avant l’apparition des symptômes » : comment ce test sanguin peut prédire le risque de maladie d’Alzheimer
Les symptômes de démence se déclarent des années après le début de la maladie… Et si un simple test sanguin permettait de prédire les risques et détecter Alzheimer bien plus tôt ?
La démence – dont la maladie d’Alzheimer est la principale cause – est souvent détectée tardivement, lorsque les symptômes sont déjà avancés. La maladie met en effet des années à se développer. La détecter tôt, voire avant même qu’elle ne se déclare, est un enjeu de taille.
Justement, depuis quelques années, des tests prometteurs sont développés. Certains changements biologiques peuvent être observés dans le cerveau, le liquide céphalo-rachidien et même le sang des patients atteints de démence, jusqu’à 20 ans environ avant le début des symptômes. Bien sûr, les tests sanguins sont le Graal, puisqu’ils sont plus simples et rapides à réaliser, et coûtent moins chers.
Des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego ont justement « découvert un nouveau biomarqueur sanguin qui peut prédire le risque de démence jusqu’à 25 ans avant l’apparition des symptômes », rapportent-ils. Pour le découvrir, ils se sont basés sur les données de près de 3 000 femmes âgées de 65 à 80 ans qui n’avaient pas de troubles cognitifs au début de l’étude, où des échantillons de sang ont été prélevés. Leur santé – notamment cognitive – a été suivie pendant 25 ans.
Les chercheurs ont ainsi observé que celles qui avaient les plus hauts niveaux sanguins d’une protéine appelée « p-tau217 » au début de l’étude « étaient beaucoup plus susceptibles de développer une démence plus tard dans la vie. Plus les niveaux de ce biomarqueur étaient élevés, plus le risque de démence augmentait », expliquent-ils. Ce risque pouvait être multiplié par 3. Cette forme de la protéine avait déjà été identifiée comme un marqueur précoce d’Alzheimer, et la protéine tau est reconnue pour le diagnostic de la maladie.
Ce test sanguin, comme les autres similaires, ne sont pas encore recommandés en dépistage précoce, mais ils sont prometteurs. « C’est important pour accélérer la recherche sur les facteurs qui influencent le risque de démence et pour évaluer des stratégies susceptibles de réduire ce risque », a précisé la Pr Linda McEvoy, autrice principale de l’étude publiée ce 10 mars 2026. Surtout si le risque est prédit plusieurs années avant le début des symptômes !
« Un délai aussi long ouvre la possibilité de mettre en place des stratégies de prévention plus précoces et un suivi plus ciblé, plutôt que d’attendre que les problèmes de mémoire affectent déjà la vie quotidienne », continue le Pr Aladdin H. Shadyab, auteur de l’étude.
Diminuer son risque de développer une démence repose avant tout sur l’hygiène de vie (l’alimentation, l’activité physique, le tabagisme, la consommation d’alcool, la sociabilisation), et la réduction des facteurs de risque modifiables (hypertension, diabète, obésité).
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Un grand merci à Nastasia Montel, pour avoir diffusé cette étude , et nous avoir permis de la connaitre .
